La saison de la Roma s'essouffle au milieu des tensions internes et du mécontentement des supporters
L'ambiance à la Roma s'est gâtée alors qu'une saison prometteuse lui file entre les doigts. Gian Piero Gasperini, autrefois encensé pour son travail révolutionnaire à l'Atalanta, se retrouve sous le feu des critiques alors que la forme de l'équipe s'effondre et que les tensions extrasportives éclatent au grand jour. Les ambitions du club de retrouver la Ligue des champions paraissent de plus en plus compromises, relançant les interrogations sur l'orientation du projet.
Une relation bâtie sur la rivalité
L'arrivée de Gasperini à la Roma l'été dernier a été accueillie avec scepticisme par une partie des supporters. Son long passage à l'Atalanta, rival direct, a teinté son accueil de ses anciens commentaires et de la rivalité elle-même. Claudio Ranieri, conseiller du club, a même plaisanté lors de la présentation en disant que lui et les fans « n'aimaient pas Gasperini ». Cette remarque légère s'est muée en un vrai clivage public. Ranieri a récemment laissé entendre que Gasperini était le quatrième choix du club et a défendu la stratégie de recrutement, en citant des jeunes recrues qui ont peu joué. Cette lessive publique des griefs met en lumière les tensions quand les résultats se dégradent.
L'effondrement de la forme et des espoirs
La trajectoire de la saison de la Roma raconte une histoire de momentum perdu :
- Début solide : L'équipe était encore troisième de Serie A fin février.
- Match nul décisif : Un 3-3 contre la Juventus début mars maintenait une avance de quatre points.
- Effondrement : Une série de cinq matchs sans victoire a suivi, incluant l'élimination en Ligue Europa par Bologne.
- Reprise inconstante : Une courte victoire contre Lecce a été immédiatement effacée par une déroute 5-2 face à l'Inter.
À l'heure d'affronter récemment l'ancien club de Gasperini, l'Atalanta, la Roma avait glissé à la sixième place, avec la Juventus, Naples et Côme qui l'avaient dépassée. Même la qualification en Ligue Europa semble désormais incertaine.
Émotions publiques et regrets privés
La pression s'est manifestée de manière visible lors d'une conférence de presse d'avant-match. Gasperini a qualifié les propos de Ranieri de « vraiment inattendus » mais a affirmé qu'il ne déstabiliserait pas le club. En évoquant son passé à l'Atalanta cependant, il s'est laissé emporter par l'émotion, louant la « symphonie » avec la direction du club et laissant entendre que cette dynamique avait changé après un changement de propriétaire. Il a quitté la salle abruptement, laissant sa phrase en suspens. Cet épisode dépeint un homme qui regrette peut-être d'avoir quitté un environnement protégé pour un club historique à haute pression où il doit encore se prouver.
Une prestation à l'image de la situation
Le match nul 1-1 contre l'Atalanta a été un spectacle divertissant mais imparfait. Nikola Krstovic de l'Atalanta a exploité l'espace pour marquer tôt, mais la Roma a réagi avec détermination. Le retour égalisateur d'une volée de Mario Hermoso juste avant la mi-temps semblait mérité. La Roma a poussé pour la victoire en seconde période, avec Donyell Malen et Stephan El Shaarawy qui ont posé des problèmes et Hermoso dont la tête a été repoussée sur la barre. L'engagement des joueurs montre qu'ils n'ont pas abandonné leur entraîneur, mais le résultat n'a rien changé à la trajectoire inquiétante.
Le schéma têtu de la stagnation
Un regard sur l'historique récent de la Roma révèle une constance stupéfiante, indépendamment des changements d'entraîneur :
- 2025/26 (Gasperini) : 58 points après 33 matchs.
- 2024/25 : 57 points au même stade.
- 2023/24, 2022/23, 2021/22 : 58 points chaque saison.
- 2020/21 : 56 points.
- 2019/20 : 57 points.
- 2018/19 : 55 points.
Ce schéma souligne une stagnation profondément enracinée. Les supporters doivent remonter à la saison 2017-18 sous Eusebio Di Francesco – une troisième place et un demi-finale de Ligue des champions – pour trouver un résultat significativement différent.
Enseignements clés de la crise actuelle de la Roma
- Les rifts managériaux ont des conséquences publiques : La tension entre Gasperini et le conseiller Claudio Ranieri n'est plus une affaire privée, elle impacte l'image et la stabilité du club.
- L'effondrement de forme a un coût réel : Une position prometteuse en mars s'est évaporée, repoussant les rêves de Ligue des champions et menaçant la qualification en Ligue Europa.
- La stagnation historique persiste : Malgré huit changements d'entraîneur en huit ans, les totaux de points de la Roma restent remarquablement similaires, suggérant des problèmes systémiques au-delà du coach.
- L'acceptation des fans reste un défi : Le passé de Gasperini à l'Atalanta rivale continue de miner un accueil total de la part des supporters.
- L'été pourrait apporter un nouveau reset : Si les divergences entre les figures clés ne sont pas résolues, le club risque un nouveau départ et une phase de reconstruction.
Les dernières semaines de saison seront consacrées à sauver une qualification européenne et peut-être à recoller les morceaux en interne. Mais sans un sentiment clair de progrès – l'objectif principal affiché du club –, cet été à la Roma s'annonce comme une période de questions difficiles et de bouleversements potentiels.
— Editorial Team