# Les supporters de la Real Sociedad se mobilisent à Badajoz avant la finale de la Coupe du Roi
Des centaines de supporters de la Real Sociedad originaires d’Estrémadure font de Badajoz leur point de rassemblement avant la finale de la Coupe du Roi contre l’Atlético Madrid à Séville. Ce qui avait commencé comme un simple post sur les réseaux sociaux s’est transformé en un véritable pèlerinage de fans, avec autocars organisés, rencontres dans les villages et hébergements à prix doux — preuve que pour beaucoup de txuri-urdin, ce voyage va bien au-delà du football.
Un retour aux sources sur la route de Séville
Le trajet du Pays basque à Séville fait près de 800 kilomètres, mais pour les fans originaires d’Estrémadure — ou dont les familles y ont vécu autrefois —, c’est aussi un retour nostalgique. Organisée par le sociétaire Aitor Zubeldia, une flotte de quatre autocars transporte désormais plus de 200 supporters à travers des communes comme Quintana de la Serena, Campanario, Valle de la Serena et Monesterio. Ce ne sont pas de simples arrêts : ce sont les villages natals des grands-parents ou des parents, partis vers le nord il y a des décennies.
Beaucoup de voyageurs choisissent de passer la nuit à Valle de la Serena, où les chambres coûtent une fraction des prix sévillans en pleine saison de feria. De là, ils covoitureront pour le dernier tronçon jusqu’à la finale. C’est un choix pratique, mais aussi chargé d’émotion : l’avril en Estrémadure, c’est des champs verts et un temps doux, bien loin de la chaleur sèche des visites estivales.
La communauté avant les billets
Tout le monde ne va pas au match avec un billet en poche. Selon Zubeldia, environ 30 % du groupe file directement vers la fan zone officielle de Séville. Yolanda, l’une des organisatrices, assure que son équipe est à fond derrière La Real, que ce soit des tribunes ou sur grand écran en ville.
Cet esprit communautaire s’étend à l’espoir d’une ambiance respectueuse avec les supporters de l’Atlético. Malgré l’enjeu d’une finale de coupe, beaucoup de fans de la Sociedad insistent sur la fête partagée plutôt que sur la rivalité. Après tout, c’est leur première finale de Coupe du Roi depuis 1987, et la dernière fois qu’ils y étaient allés — en 2020 —, ils avaient dû suivre ça de chez eux à cause des restrictions pandémiques.
Des souvenirs, pas seulement des trophées
Pour des habitués comme Zubeldia, ce n’est pas la première virée lointaine. Il était à Manchester pour un match d’Europa League la saison dernière et avait fait le déplacement à Vigo en 2003, quand La Real avait terminé dauphin de la Liga. À plus de cinquante ans, il dit que la vraie récompense, ce n’est pas soulever un trophée, mais les gens qu’on rencontre et les histoires qu’on ramasse en chemin.
Cela dit, personne ne fait semblant de ne pas vouloir gagner. L’ambiance est optimiste, pas fataliste. Et si l’accent reste mis sur la communauté, il y a une confiance discrète que cette année pourrait bien mettre fin à la disette de trophées de la Real Sociedad, longue de 40 ans.
Points clés :
- Plus de 200 fans de la Real Sociedad utilisent Badajoz et les environs de l’Estrémadure comme base avant la finale de la Coupe du Roi.
- L’initiative allie praticité (transports et hébergements bon marché) à des liens personnels profonds avec la région.
- Environ 30 % des voyageurs n’ont pas de billet de match mais soutiendront l’équipe dans la fan zone de Séville.
- Le voyage ravive les schémas de migration générationnelle, transformant une finale de foot en retour culturel aux sources.
- Les fans privilégient la camaraderie et le partage d’expériences, tout en espérant une victoire historique.
Ce mouvement initié par les fans montre comment le football peut reconnecter les diasporas, raviver la fierté régionale et transformer une finale de coupe en quelque chose de bien plus grand que 90 minutes sur un terrain. Que La Real soulève le trophée ou non, pour beaucoup de ceux qui font ce périple, la vraie victoire est déjà là — dans les bus, les places des villages et les petits-déjeuners partagés sous le ciel estrémadurien.
— Editorial Team